Estimer l’ampleur des violences sexuelles

Il est difficile d’avoir une vision parfaitement juste de l’ampleur des violences sexuelles, du fait notamment :

  • de la difficulté qu’ont les victimes à réaliser qu’elles ont été victimes,
  • de la difficulté qu’ont les victimes à porter plainte,
  • de la difficulté pour les autorités à enquêter avec peu ou pas de preuves matérielles,
  • des biais relatifs à la mémoire des victimes, des auteurs et des témoins,
  • des biais relatifs aux représentations (les termes employés lors des enquêtes),
  • des biais relatifs aux stéréotypes de genre (ex. : peu d’hommes victimes se considèrent victimes ; peu de victimes de femmes se manifestent…)

Cependant, à l’aune des connaissances actuelles, on estime que :

Les violences sexuelles concernent toutes les populations du monde.
Ces violences sont sans doute présentes dans tous les pays, toutes les cultures, toutes les classes sociales.
Les premières victimes de violences sexuelles sont les enfants.
La majorité des mineurs victimes n’ont pas encore atteint l’âge de la puberté.
DURANT L’ENFANCE
Avant la puberté, les filles et les garçons sont sans doute victimes de violences sexuelles dans les mêmes proportions.
Les violences subies par les garçons sont moins souvent rapportées.
La majorité des violences sexuelles ont lieu au domicile de l’enfant victime.
C’est chez lui que l’enfant est le plus souvent victime.
L’auteur est presque toujours un proche, souvent de la famille de l’enfant victime.
Les violences sexuelles sur enfants sont le plus souvent intra-familiales.
Une fois sur cinq, l’auteur est une femme.
Il est plus difficile pour un enfant victime d’une femme de parler, et d’être cru.
Les enfants porteurs de handicap ont 4 fois plus de risque d’être victimes de violences sexuelles.
Qu’ils soient porteurs de handicap moteur, psychique ou mental.
Il est plus complexe de repérer les enfants victimes dans les familles dites “favorisées”.
Les enfants victimes sont mieux repérés et les enquêtes aboutissent plus souvent à des condamnations lorsque les violences ont lieu dans des familles défavorisées.
La résilience est possible
Deux tiers (65%) des personnes ayant été victimes de violences sexuelles durant l’enfance répondent aux critères de santé mentale complète.
DURANT L’ADOLESCENCE
La plupart des victimes sont des filles, mais des garçons peuvent également être victimes.
Les filles sont 2 fois plus souvent victimes avant l’âge de 18 ans qu’après, les garçons sont 3 fois plus souvent victimes avant l’âge de 18 ans qu’après.
La moitié des viols sur mineurs sont commis par d’autres mineurs.
Parmi les personnes mises en cause pour viol sur mineur, 50% sont mineures. Parmi les personnes mises en cause pour harcèlement sexuel et autres agressions sexuelles sur mineurs, 43% sont mineures.
Les auteurs sont souvent des proches.
Les agresseurs sont souvent dans le cercle proche (famille, conjoint ou ex-conjoint).
Les violences sexuelles existent aussi au sein des couples homosexuels, féminins et masculins.
Les personnes se définissant comme homosexuelles déclarent plus d’agressions sexuelles subies au sein de leur couple que les personnes se définissant comme hétérosexuelles.
À L’ÂGE ADULTE
La plupart des victimes sont des femmes, mais des hommes peuvent également être victimes.
Les femmes adultes rapportent beaucoup plus de violences sexuelles subies que les hommes adultes.
Beaucoup de violences sexuelles surviennent dans l’espace public et dans le cadre des études.
Les femmes sont un peu plus souvent victimes dans l’espace public, et les hommes un peu plus souvent victimes dans le cadre de leurs études.
Les violences sexuelles ont lieu au sein du couple.
Les auteurs sont souvent les conjoints ou ex-conjoints.
Les violences sexuelles existent aussi au sein des couples homosexuels, féminins et masculins.
Les personnes se définissant comme homosexuelles déclarent plus d’agressions sexuelles subies au sein de leur couple que les personnes se définissant comme hétérosexuelles.